5cm per second

Publié le par Wintermute

J'avais promis que je pondrai un article sur 5cm per second dès que je l'aurais revu. C'est chose faite.

Comme d'hab, ne vous attendez pas à quelque chose de très objectif et organisé...

 

Je ne sais plus exactement où sur la blogosphère j'ai pû lire un article au sujet de 5cm per second. Je ne sais pas si j'avais été emballé, mais toujours est il que ma curiosité avait au moins été aiguisée.

Un jour, je suis tombé sur le dvd... Paf, galette introduite dans le lecteur, et PAF, grosse claque.

 

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Je qualifierais tout à fait subjectivement 5cm per second de beau film.

 

Déjà parce que, visuellement, c'est très joli. Je n'ai pas assez de recul pour juger de la qualité de l'oeuvre par rapport à l'ensemble de l'animation japonaise, mais parmi celles que j'ai pû voir, hé bien j'ai trouvé que c'était une des plus belles!

Si je n'ai pas été entièrement convaincu par le graphisme des personnages, il ne m'a pas non plus choqué.

Les paysages, décors quant à eux sont vraiment très jolis. Et ceci participe beaucoup au charme de 5cm per second, vue la place qui leur est offerte. J'ai été émerveillé par le souci du détail qu'ont eu les artistes (oui, moi, le reflet des phares d'un train qui arrive en gare sur les rails, ça m'impressionne; et tant pis si je passe pour un allumé...).

 

Ensuite parce que l'histoire est belle. Si elle est simple, elle traite des sujets compliqués que sont la vie, son rythme, les distances qu'elle impose entre des personnes qui s'apprécient, du temps qui passe.

Alors certains trouveront ça banal, soporifique, je peux le comprendre.

Une petite portion de mon cerveau, l'objective, celle généralement privée de son droit d'expression par ce tyran qu'est celle qui gère les émotions, aimerait bien dire qu'on trouve dans 5cm per second la recette miraculeuse et facile habituelle : du bon sentiment, du piano histoire de mieux faire passer les thèmes tristounets, un héros sentimental, bref, tout un concentré d'émotions et de niaiserie.

Désolé pour toi chérie, là, tu viens d'être condamnée à te taire jusqu'à la fin de cet article. Bâillonnez-moi donc la et hop, au cachot!

 

Reprenons.

 

5cm per second se joue en trois actes, séparés les uns des autres de plusieurs années.

J'ai hésité à ne parler que du premier, mais vu que je suis réellement tombé amoureux de cet OAV grâce au troisième, je pense qu'il aurait été difficile de ne pas lui accorder quelques mots...

 

ATTENTION, RISQUE ELEVE DE SPOILERS

 

 

Première partie : Essence de fleurs de cerisier

 

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Le film s'ouvre en expliquant son titre : il paraît que les pétales de fleurs de cerisier tombent à la vitesse de cinq centimètres par seconde. Une première vision de toute beauté.

Akari et Takaki sont deux collégiens très proches. Ils se sont rencontrés lorsqu'Akari a emménagé en ville, et se sont très vite liés d'amitié après s'être rapprochés grâce à une passion commune pour la lecture.

Malheureusement, il s'avère qu'Akari doit déménager, ce qui l'éloignera de son inséparabale Takaki-kun.

La vie commence déjà à leur imposer une épreuve.

Qu'à cela ne tienne, le courrier existe. Et même si la première lettre n'arrivera qu'au bout de six mois, la réponse suivra.

Mais si une lettre est pour des nouvelles un bien plus bel écrin qu'un e-mail (que l'on ne voit d'ailleurs pas une seul fois car probabelemnt pas assez démocratisé au moment de leur enfance, hop, une fois encore le genre de détails que j'aime!), rien ne fait plus plaisir qu'une rencontre.

 

C'est à Takaki de déménager, et dans la direction opposée à celle où Akari est partie un peu plus tôt : des retrouvailles s'imposent avant que de nouveaux kilomètres s'interposent entre eux.

 

Takaki part donc rendre visite à son amie. Trois heures de train pour la retrouver et lui donner une lettre en mains propres. Dehors, l'air est froid, la neige tombe. Trois petites heures avant de revoir Akari.

Mais la vie n'est aps toujours facile. La neige tombe trop fort. Le trafic ferroviaire est perturbé. Les trains attendent les correspondances. Le temps, lui, n'attend personne (Time waits for no one...). Les trois petites heures grossissent. Chaque minute dure une éternité. Insoutenable.

Entre deux trains, Takaki sort son porte-feuille pour s'acheter quelque chose à boire, sa lettre s'envole et disparaît dans la nuit et la neige. Parfois, tout va de travers, pas besoin d'un scénariste pour s'en rendre compte.

Et voilà son dernier train coincé en pleine campagne, entre deux gares, la neige rendant toute progression impossible.

Bientôt quatre heures de retard. Foutue neige. Il a les nerfs et le coeur à deux doigts de lâcher.  Nous aussi.

 

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J'ai été très surpris devant ce premier acte. Je ne m'attendais pas à ressentir autant cet insupportable retard qui ne me concernait absolument pas. Vraiment bien fichu, j'avais vraiment l'impression d'être coincé dans ce train glacé au milieu de nul part avec Takaki.

 

Le dénouement de cette première partie, en premier lieu heureux, s'avère amère au final, puisque les brèves retrouvailles sont également un adieu.

 

Je ne suis pas vraiment convaincu de la manière dont il est traité, complètement surréaliste (oui, oui, quand vous avez treize ans, vous pouvez passer sans souci la nuit dans une cabane paumée au milieu d'un champs sans prévenir personne, avec une couverture pour vous protéger du froid... Vos parents n'appelleront JAMAIS les flics). Peut-être que je manque d'imagination, mais c'est sans doute le seul truc qui m'a dérangé sur les trois histoires, car elles sont traitées de manière réaliste, et là, j'ai l'impression qu'on a un peu sacrifié cet aspect pour avoir quelque chose sponsorisé par l' Eau de Rose Corporation. J'ai réussi à passer outre hein, mais après ce coup de maître qu'est le trajet en train et ses quatre heures de retard, ça a un petit arrière-goût hollywoodien qui, chez moi, ne passe pas.

Désolé, parfois, je suis un peu coincé :/ .

(mais j'avais dit de bailloner cette foutue partie pseudo-objective de mon système nerveux! Remettez la dans sa cellule et qu'elle n'en sorte plus!)

 

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Deuxième partie : Cosmonaute

 

On retrouve un Takaki lycéen, solitaire, sans aucune nouvelle d'Akari : l'échange de lettres a cessé.

Un nouveau personnage fait son apparition, Kanae, une lycéenne plutôt timide amoureuse de Takaki. Cette deuxième partie est d'ailleurs centrée sur Kanae. Un très joli portrait d'adolescente qui doit choisir comment et où poursuivre ses études, tout en gérant son attirance pour Takaki. On partage ses doutes, ses questions, ses peurs. Un personnage très intéressant.

 

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Si du côté d'Akari et Takaki, l'épisode ne fait pas avancer les choses il apporte tout de même une information cruciale. Malgré la distance, le temps, et l'ignorance du devenir d'Akari, cette dernière continue d'occuper une place importante dans l'esprit (et le coeur) de Takaki, qui de se fait, se coupe du monde pour rester seul dans une bulle de rêves et d'espoirs.

La pauvre Kanae le réalisera avec peine.

Une très belle deuxième partie, qui m'a fait pensé à La Traversée du Temps au vu du sujet qu'elle aborde..

 

Troisième partie : 5 centimètres par seconde


"A chain of short stories about their distance"

 

Troisième et dernière partie splendide. Ses thèmes sont superbement traités, l'épisode est bien construit.

 

Takaki est désormais adulte. En traversant une voie de chemin de fer, il croit reconnaître, venant en sens inverse, Akari. Parvenus de part et d'autre de la voie, un train passe, les séparant tandis qu'ils se retournent.

 

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On retrouve Takaki comme personnage principal, nous narrant ce qui lui est arrivé ses dernières années. La découverte du monde du travail et par la même cet espèce de torrent qu'est la vie, vous embarquant à coup sûr : à chacun de voir s'il veut se laisser porter ou s'y débattre pour tenter d'y orienter son parcours en espérant à ne pas s'y noyer.

L'écran d'un ordinateur, la foule dans une gare, dans la rue, les journées qui s'enchaînent et se ressemblent toutes au milieu de ces immeubles innombrables. Et toujours, ce fantôme du passé dans un coin de son esprit, qui l'obsède, l'empêche de profiter de ce qui est à sa portée. Comme si la vie sans Akari ne pouvait pas être heureuse.

 

On comprend vite que de son côté, Akari a depuis bien longtemps décidé de ne plus attendre Takaki. Elle est d'ailleurs mariée (ou en passe de le devenir).

 

La fin est magnifique. Je ne suis pas fan des chansons, mais je dois avouer que j'ai été conquis. On part ici sur un morceau de cinq minutes, sous lequel se succèdent rapidement de très nombreuses images, brefs aperçus de multiples scènes, levant le voile sur ce que sont devenus Takai et Akari, mêlant l'aujourd'hui aux souvenirs d'hier.

Quand il s'achève, l'histoire reprend au début de l'épisode, au niveau de cette voie de chemin de fer.

 

Le train passe. Bien sûr, un autre, venant dans l'autre sens lui succède. Ah ces trains! Quelle place dans l'histoire d'Akari et Takaki, toujours les éloignant, toujours les séparant! Beau symbole pour le temps qui passe et file à vive allure, les kilomètres qui les ont maintenus à distance...

Et quand ils disparaissent, de l'autre côté des voies, Akari n'est plus là.
Takaki n'a plus qu'à tourner la page désormais... Il va falloir se réveiller et aller vivre sa vie.

 

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Triste mais logique, et le suspens a été maintenu jusqu'au bout. Bien joué Shinko, je m'attendais à un retournement de situation heureux mais peu logique, je n'ai donc pas été déçu par la surprise.

Je craignais un final façon premier épisode, « ça a été dur mais tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

 

Ce que je retiens de 5cm per second, c'est sa faculté à avoir fait surgir en moi des ambiances liées à des souvenirs, des situations vécues. Les images sont belles, les calmes mélodies au piano et les peintures proposées invitent à un calme et joli (bien que triste) voyage empreint de mélancolie.

Avec personnellement un gros coup de coeur pour la dernière partie. Les villes immenses et ses millions d'habitants où l'on ne connaît parfois même pas ses voisins, la vie qui passe à grande vitesse et vous embarque, le rythme imposé par le monde du travail, ce « tout » est quelque chose qui me fascine et m'effraie à la fois. J'y ai donc été très (trop?) réceptif, et logiquement, ça joue pas mal dans le fait que, vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé 5cm per second.

 

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Ouf, ça m'aura pris un peu de temps de taper tout ça! Désespérant, d'autant plus que je réalise que ce que je fais surtout, c'est décrire et raconter... (Et comme je suis doué, je viens en plus de tout fermer, donc il m'a fallu recommencer à insérer toutes les images... Sans parler des modifs que j'ai faites au fur et à mesure, pour lesquelles ça semble un peu mort :( ... )



J'essaie de pondre un autre article d'ici deux semaines, le temps de finir de regarder le coffret dvd d'Abenobashi que je viens de me procurer, et j'ai totalement accroché au concept, c'est pleeeeeeeeeein de références et ça m'a fait beaucoup rire.

En même temps, j'ai acquis Paranoïa Agent, de Satoshi Kon. Vu comment j'adore ce monsieur et ce qu'il a fait, ce sera article obligatoire pour cette excellente série.

Publié dans Japanimation

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